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    Mondialisation, émissions: les règles du jeu de l'automobile ébranlées AFP le 19/04/2017 à 11:03, mis à jour à 11:300 Tweet Une voiture du constructeur Skoda avant sa présentation au salon de l'automobile de Shanghai, le 19 avril 2017 ( AFP / Johannes EISELE ) Avec la possible remise en cause d'accords de libre-échange et de règles de lutte contre les émissions polluantes, l'industrie automobile, secteur mondialisé par excellence, vit une période d'incertitude. Les dirigeants des plus grandes entreprises automobiles se retrouvent à partir de mercredi au salon de Shanghai, vitrine d'un marché chinois passé en un quart de siècle du néant à 24,38 millions d'unités, soit de loin le premier débouché mondial. Le deuxième marché, les Etats-Unis, a connu une année 2016 record à 17,55 millions, tandis que le troisième, l'Europe, a fini à 14,64 millions, presque au niveau d'avant la crise de 2008-2013. La plupart des constructeurs et équipementiers affichent de juteux bénéfices. Mais au-delà d'un possible retournement de cycle dans ces deux zones dites "matures", des piliers de cette prospérité sont-ils en train de se lézarder? Les hérauts du "Brexit" ayant convaincu les Britanniques en juin 2016, la campagne électorale de Donald Trump et les candidats "anti-système" bien placés en vue du premier tour de l'élection présidentielle française dimanche ont joué sur l'hostilité à une mondialisation synonyme pour eux de délocalisations et de désindustrialisation. Or, c'est en profitant du libre-échange et en réorientant leur production vers des zones à plus bas coût (Mexique, Maroc, Europe de l'Est...) que les industriels ont rétabli leurs marges. Le mouvement est encore plus sensible pour les équipementiers, dont les pièces représentent jusqu'à 80% de la valeur ajoutée des autos. Que M. Trump mette à exécution sa menace de taxes sur les importations et que se confirme un scénario de "Brexit dur", et les cartes seraient rebattues. Au salon de Shanghai, le 19 avril 2017. La marque MG, constructeur britannique connu pour ses modèles sportifs, appart Au salon de Shanghai, le 19 avril 2017. La marque MG, constructeur britannique connu pour ses modèles sportifs, appartient au groupe chinois SAIC ( AFP / Johannes EISELE ) "L'incertitude politique plus importante et l'évolution des mouvements du commerce international pourraient faire peser davantage de risques sur les constructeurs, les fournisseurs et ceux qui ont des intérêts dans le secteur", a prévenu la semaine dernière Mike Wall, expert automobile de la firme IHS Markit, en marge du salon de New York. - 'Pragmatisme' à long terme - Un cabinet concurrent, Roland Berger, a démontré le mois dernier que des barrières douanières auraient, sur le secteur automobile américain, un effet "nul, au mieux" sur l'économie, étant donné la hausse des prix à en attendre, entre 1.300 et 2.000 dollars sur l'ensemble des véhicules, importés ou non. Les Etats-Unis n'importent quasiment aucune voiture fabriquée en Chine, mais en moyenne, un véhicule vendu aux Etats-Unis contient 7% de pièces chinoises, selon cette étude. "On voit bien avec le Brexit que tout se négocie, les barrières douanières seront le juge de paix", explique à l'AFP François Jaumain, associé responsable du secteur automobile chez PwC. Autre facteur perturbant pour l'automobile mondiale, la volonté de l'administration Trump de revenir sur les objectifs de consommation moyennes définies par son prédécesseur démocrate Barack Obama à l'horizon 2025. Carlos Tavares, le patron de Peugeot Citroen, lors de la présentation d'un modèle de C5 Aircross, au salon Carlos Tavares, le patron de Peugeot Citroen, lors de la présentation d'un modèle de C5 Aircross, au salon de Shanghai le 18 avril 2017 ( AFP / Johannes EISELE ) "Avant ces discussions et ces remises en cause (...), on était dans une situation très simple pour le monde automobile où toutes les zones géographiques avaient des réglementations qui tôt ou tard s'alignaient en matière d'émissions", favorisant "les véhicules mondiaux avec des technologies qui sont mondiales", selon M. Jaumain. "Si on a des réglementations qui divergent beaucoup (...) cela va représenter une dispersion des ressources scientifiques", a prévenu le patron de PSA, Carlos Tavares, mardi à Shanghai. "D'un point de vue environnemental, je ne pense pas que ce soit une bonne direction, mais si elle venait à se confirmer il faudrait en tenir compte". "Comme il y a beaucoup d'incertitude là-dessus, les choix industriels sont compliqués", renchérit Marc Boilard, spécialiste du secteur chez Oliver Wyman. A long terme, toutefois, M. Jaumain se dit persuadé que les normes continueront à converger. "Il y a toujours un élément qui rentre en ligne de compte, c'est le prix du pétrole. A un moment donné, le pragmatisme revient, et si le baril redevenait extrêmement cher, on retrouverait une envie de relancer ces réglementations", souligne-t-il. Même son de cloche chez Ian Robertson, chef des ventes mondiales de BMW. "Le rythme pourrait peut-être changer un petit peu pour les Etats-Unis, mais la convergence sera toujours là. Le but final est déjà défini, tandis que le trajet et le rythme sont ouverts au débat". - Anti-K

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